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Special session of the AU Council of Ministers, Durban, 1 July 2002: Statement by Mr Amara Essy, Secretary-General of the OAU (French text)

Allocution de Monsieur Amara Essy, Secrétaire général de l’OUA, à l’Ouverture de la Session spéciale du Conseil des Ministres sur l’Union africaine

Durban, 1er juillet 2002

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de délégation,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais d’emblée vous adresser à tous, Mesdames et Messieurs les Ministres, mes sincères remerciements tout d’abord pour avoir décidé de convoquer la présente session extraordinaire du Conseil, et ensuite pour avoir honoré cet engagement en arrivant ici quelques jours à l’avance par rapport à la date de votre session ordinaire, afin de finaliser l’important travail que vous vous êtes assigné. Compte tenu de vos autres engagements tout aussi pressants, je sais qu’il a dû être très difficile pour vous de quitter vos pays pour venir participer à la présente session. C’est dire que votre présence ici constitue un témoignage éloquent de la priorité que vous accordez à ce noble idéal qu’est la mise en place de l’Union africaine.

Je voudrais également exprimer ma profonde gratitude au Gouvernement de l’Afrique du Sud pour avoir accepté la responsabilité supplémentaire d’abriter la présente session extraordinaire du Conseil et pour avoir mis à disposition toutes les facilités nous permettant de travailler dans d’excellentes conditions. Il s’agit là, à n’en point douter, d’une autre preuve de la disponibilité de nos Etats membres à faire un peu plus pour la réalisation de cette unité à laquelle aspirent depuis si longtemps les populations du continent.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

La présente session extraordinaire du Conseil sera consacrée à trois grandes questions. Premièrement, elle examinera les progrès réalisés dans l’accomplissement des tâches liées à la transformation de l’OUA en l’Union africaine, pour soumission à la Conférence des chefs d’Etat de gouvernement. Deuxièmement, elle aura à finaliser les projets de règlements intérieurs de la Conférence, du Conseil exécutif et du Comité des représentants permanents, ainsi que le projet de statuts de la Commission de l’Union africaine. La troisième question qui retiendra l’attention de la présente session extraordinaire du Conseil est celle de la réforme du Mécanisme pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits.

De toute évidence, la présente session est appelée à s’acquitter d’une tâche importante et exaltante, à savoir mettre effectivement en place l’Union africaine et forger le destin des populations africaines. Je suis convaincu que le Conseil fera preuve de dévouement et de détermination dans la concrétisation du rêve de l’Union africaine au cours de ses deux jours de délibérations. J’espère vivement qu’à l’issue de ces délibérations, des fondations solides et un cadre dynamique auront été mis en place pour le lancement de l’Union africaine.

Pour ma part, depuis l’adoption de la décision de Lusaka sur la transition à l’Union africaine, je n’ai épargné aucun effort pour travailler en étroite collaboration avec les Etats membres et pour mobiliser l’appui de nos partenaires en vue de l’accomplissement des tâches qui m’ont été confiées, conformément aux directives des Chefs d’Etat et de gouvernement à ce sujet. Je voudrais saisir cette occasion pour remercier les représentants des Etats membres, y compris les experts et les plénipotentiaires, et vous tous, Mesdames et Messieurs les Ministres, pour votre coopération au cours des neuf mois que nous avons passés à travailler ensemble pour jeter les bases d’un cadre renforcé pour l’intégration du continent. A cet égard, je ne saurais oublier nos partenaires qui nous ont encouragés et soutenus dans cette entreprise historique d’auto - émancipation des peuples africains.

Si les principales tâches à accomplir pour lancer immédiatement l’Union africaine peuvent être finalisées au cours de la présente session, il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre d’autres tâches devront se poursuivre même après le démarrage effectif des activités de l’Union. Au nombre de ces tâches, il y a lieu de citer l’intensification des efforts pour s’assurer que les populations africaines elles-mêmes s’approprient l’ensemble du processus et participent activement au renforcement de l’Union et à la mise en œuvre de ses programmes et activités.

A cet égard, à la suite de la deuxième conférence OUA/ société civile tenue en juin cette année à Addis-Abeba, en Ethiopie, les efforts se poursuivront pour finaliser les préparatifs en vue du lancement immédiat du Conseil économique, social et culturel, le CESC, qui est un organe prévu dans l’Acte constitutif, afin de permettre aux différents groupes sociaux et professionnels des Etats membres de participer aux structures de l’Union africaine. Dans la même optique, nous exhortons les Etats membres à ratifier le Protocole pertinent en vue de rendre opérationnel le Parlement panafricain pour que les représentants directs des populations africaines puissent participer aux activités des organes – clés de l’Union.

Je voudrais souligner, à ce stade, que l’ampleur et la complexité des défis qui se posent aujourd’hui en Afrique, nous obligent non seulement à renforcer l’unité et la solidarité au niveau continental, mais aussi à créer des structures et des mécanismes efficaces, solides et dynamiques. La défense des intérêts collectifs de l’Afrique exige que les mécanismes et les structures mis en place dans le cadre de l’Union africaine soient à la hauteur des tâches à accomplir.

Le Sommet de Lusaka m’a investi de la lourde et noble mission de transformer, en une année, l’Organisation de l’unité africaine en une Union africaine. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à maintes reprises, cette mission n’incombe pas à un seul homme mais est l’affaire de chaque africain. A cet égard, j’ai estimé qu’il était important de bénéficier de conseils et expertises disponibles, en particulier sur le continent. C’est pour cela que j’ai constitué un groupe d’éminentes personnalités à l’expertise avérée et chargé de me conseiller, notamment, sur la mise en place des organes clés de l’Union africaine.

Si nous voulons faire de l’Union un instrument efficace et efficient pour une action collective, capable de répondre aux besoins des populations africaines. Je suis convaincu que nous devons mettre en place des arrangements institutionnels cohérents, fonctionnels et complémentaires. C’est dans cet esprit, que l’Acte constitutif de l’Union africaine a conféré à chacun des organes des pouvoirs et attributions bien précis. Ainsi, conformément à l’Acte constitutif :

La Conférence est l’organe suprême de l’Union.

Le Conseil exécutif est l’organe capable de traduire en directives opérationnelles les décisions de la Conférence et de garantir leur mise en œuvre. Il est l’organe statutaire chargé de la supervision du travail de la Commission.

La Commission est le bras exécutif de l’Union. Ses activités touchent à tous les domaines de la vie des populations africaines. Pour cela il est important de la doter de structures appropriées et d’un personnel hautement qualifié. En effet, c’est le calibre de la Commission qui va déterminer l’efficacité de l’Union.

Le Comité des Représentants Permanents est l’organe consultatif. Son role est de préparer les travaux du Conseil, en particulier ses réunions et de faciliter les consultations entre la Commission et les gouvernements des Etats membres. Le Conseil peut certes déléguer ses fonctions au COREP en ce qui concerne le suivi et le contrôle de la mise en œuvre des décisions de la Conférence. Cependant, pour éviter les conflits de compétence et de gestion, il est indiqué que de telles fonctions déléguées n’empiètent pas sur les fonctions de la Commission qui est l’organe exécutif chargé de la responsabilité fondamentale de mettre en œuvre les décisions de la Conférence. Il ne faut surtout pas créer l’impression que le fonctionnement au jour le jour de la Commission dépend d’un autre organe que la Commission elle-même.

Il est tout aussi important que les règles et procédures régissant le fonctionnement de nos nouvelles institutions soient conformes à l’Acte constitutif. Ces règles doivent donc être claires et précises et en même temps flexibles, pour nous permettre de les adapter aux changements sans cesse rapides et complexes qui se produisent dans le monde. A cet égard, il nous faut mettre en place des mécanismes qui nous permettent d’adopter rapidement des décisions, tout en tenant compte du fait que la Conférence de l’Union, organe suprême de décision, ne se réunit qu’une fois par an et que le quorum de la majorité des deux tiers est requis pour l’adoption de toutes les décisions de l’Union. Les projets de règlements intérieurs et de statuts que nous devons examiner peuvent encore être améliorés non seulement quant à la forme, mais aussi quant au fond. J’en veux pour preuve les propositions nouvelles qui ont été faites par un certain nombre de nos Etats membres et qui sont soumis à l’examen de cette session extraordinaire.

Au moment où le Conseil finalise son examen des projets de règlements intérieurs et de statuts des organes – clés de l’Union, ainsi que du projet de Protocole relatif au Conseil de paix et de sécurité, la question cruciale qui continue de se poser est de savoir dans quelle mesure ces instruments sont conformes à l’esprit et à la lettre de l’Acte constitutif et aux directives de nos dirigeants concernant la réalisation du rêve entretenu depuis si longtemps par nos populations, à savoir le renforcement de notre unité. Au cours de l’examen de ces projets de textes, tout doit être mis en œuvre pour que les institutions de l’Union africaine soient suffisamment fortes et dynamiques pour être en mesure de faire face aux défis du nouveau siècle.

Monsieur le Président,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Nous savons tous que ce n’est que le commencement d’un voyage long et difficile. Nous buterons certainement sur de nombreux écueils et obstacles. Nous nous sommes cependant engagés à atteindre notre destination, et nous devons donc rester déterminés à relever tous les défis. En effet, les populations africaines n’ont qu’un seul et unique choix, celui de persévérer dans la voie de l’unité, de la solidarité et de la coopération.

L’adoption de la Déclaration de Syrte, le 9 septembre 1999, a donné le coup d’envoi de la promotion d’une plus grande intégration et d’une plus grande unité sur le continent. La rapidité avec laquelle l’Acte constitutif a été signé et ratifié, l’enthousiasme et l’engouement manifestés lors des différentes réunions organisées au cours de l’année écoulée dans le cadre de la transition, et mêmes les doléances des populations concernant leur participation inadéquate, telles qu’exprimées à travers les médias et par d’autres canaux, constituent autant de témoignages d’une Afrique résolue et prête à se propulser dans une nouvelle orbite.

Le travail de la présente session extraordinaire du Conseil doit donc consister à s’assurer que les aspirations des peuples africains et leur désir de créer un organe plus efficace, capable d’aider notre continent à relever les défis du nouveau siècle, ne demeurent pas vains. La présente session veillera à ce que la vision de nos Pères fondateurs se concrétise par le lancement effectif de l’Union africaine. L’on n’insistera jamais assez sur le fait que le changement qui s’opère actuellement n’est pas seulement un changement d’appellation ou de nomenclature institutionnelle. Il s’agit plutôt d’une réorientation fondamentale et d’une redynamisation du cadre de l’unité africaine qui couvre un grand nombre d’éléments.

Depuis le Sommet de Lusaka tenu l’année dernière, les Etats membres et le Secrétariat général ont accompli un travail remarquable dans le cadre de la préparation du lancement de l’Union africaine, en particulier la mise en place de ses organes – clés. La décision de convoquer la présente session extraordinaire souligne, une fois de plus, toute l’importance que le Conseil attache à la question. De manière plus spécifique, elle jette les bases d’une fondation solide pour l’Union africaine. Il va sans dire que c’est la configuration de l’Union qui déterminera la capacité de l’Afrique à tirer le meilleur parti de la mondialisation, à relever les défis qui y sont associés et à permettre à ses populations de réaliser une paix et un développement durables. Nous devons absolument réussir. Nous ne pouvons pas nous permettre de manquer ce rendez-vous.

Je souhaite à la présente session extraordinaire du Conseil, plein succès dans ses travaux.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

 

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