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Opening
of the 76th ordinary session of the OAU Council of
Ministers, Durban, 4 July 2002:
Statement
by OAU Secretary-General Amara Essy (French text)
OUVERTURE
DE LA SESSION SPÉCIALE DU CONSEIL DES MINISTRES SUR
L’UNION AFRICAINE : ALLOCUTION DE MONSIEUR AMARA
ESSY, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’OUA
jeudi 4 juillet 2002
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de délégation,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais d’emblée vous adresser à tous,
Mesdames et Messieurs les Ministres, mes sincères
remerciements tout d’abord pour avoir décidé de
convoquer la présente session extraordinaire du
Conseil, et ensuite pour avoir honoré cet engagement
en arrivant ici quelques jours à l’avance par
rapport à la date de votre session ordinaire, afin de
finaliser l’important travail que vous vous êtes
assigné. Compte tenu de vos autres engagements tout
aussi pressants, je sais qu’il a dû être très
difficile pour vous de quitter vos pays pour venir
participer à la présente session. C’est dire que
votre présence ici constitue un témoignage éloquent
de la priorité que vous accordez à ce noble idéal
qu’est la mise en place de l’Union africaine.
Je voudrais également exprimer ma profonde gratitude
au Gouvernement de l’Afrique du Sud pour avoir
accepté la responsabilité supplémentaire
d’abriter la présente session extraordinaire du
Conseil et pour avoir mis à disposition toutes les
facilités nous permettant de travailler dans
d’excellentes conditions. Il s’agit là, à n’en
point douter, d’une autre preuve de la disponibilité
de nos Etats membres à faire un peu plus pour la réalisation
de cette unité à laquelle aspirent depuis si
longtemps les populations du continent.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
La présente session extraordinaire du Conseil sera
consacrée à trois grandes questions. Premièrement,
elle examinera les progrès réalisés dans
l’accomplissement des tâches liées à la
transformation de l’OUA en l’Union africaine, pour
soumission à la Conférence des chefs d’Etat de
gouvernement. Deuxièmement, elle aura à finaliser
les projets de règlements intérieurs de la Conférence,
du Conseil exécutif et du Comité des représentants
permanents, ainsi que le projet de statuts de la
Commission de l’Union africaine. La troisième
question qui retiendra l’attention de la présente
session extraordinaire du Conseil est celle de la réforme
du Mécanisme pour la prévention, la gestion et le règlement
des conflits.
De toute évidence, la présente session est appelée
à s’acquitter d’une tâche importante et
exaltante, à savoir mettre effectivement en place
l’Union africaine et forger le destin des
populations africaines. Je suis convaincu que le
Conseil fera preuve de dévouement et de détermination
dans la concrétisation du rêve de l’Union
africaine au cours de ses deux jours de délibérations.
J’espère vivement qu’à l’issue de ces délibérations,
des fondations solides et un cadre dynamique auront été
mis en place pour le lancement de l’Union africaine.
Pour ma part, depuis l’adoption de la décision de
Lusaka sur la transition à l’Union africaine, je
n’ai épargné aucun effort pour travailler en étroite
collaboration avec les Etats membres et pour mobiliser
l’appui de nos partenaires en vue de
l’accomplissement des tâches qui m’ont été
confiées, conformément aux directives des Chefs
d’Etat et de gouvernement à ce sujet. Je voudrais
saisir cette occasion pour remercier les représentants
des Etats membres, y compris les experts et les plénipotentiaires,
et vous tous, Mesdames et Messieurs les Ministres,
pour votre coopération au cours des neuf mois que
nous avons passés à travailler ensemble pour jeter
les bases d’un cadre renforcé pour l’intégration
du continent. A cet égard, je ne saurais oublier nos
partenaires qui nous ont encouragés et soutenus dans
cette entreprise historique d’auto - émancipation
des peuples africains.
Si les principales tâches à accomplir pour lancer
immédiatement l’Union africaine peuvent être
finalisées au cours de la présente session, il
n’en demeure pas moins qu’un certain nombre
d’autres tâches devront se poursuivre même après
le démarrage effectif des activités de l’Union. Au
nombre de ces tâches, il y a lieu de citer
l’intensification des efforts pour s’assurer que
les populations africaines elles-mêmes
s’approprient l’ensemble du processus et
participent activement au renforcement de l’Union et
à la mise en œuvre de ses programmes et activités.
A cet égard, à la suite de la deuxième conférence
OUA/ société civile tenue en juin cette année à
Addis-Abeba, en Ethiopie, les efforts se poursuivront
pour finaliser les préparatifs en vue du lancement
immédiat du Conseil économique, social et culturel,
le CESC, qui est un organe prévu dans l’Acte
constitutif, afin de permettre aux différents groupes
sociaux et professionnels des Etats membres de
participer aux structures de l’Union africaine. Dans
la même optique, nous exhortons les Etats membres à
ratifier le Protocole pertinent en vue de rendre opérationnel
le Parlement panafricain pour que les représentants
directs des populations africaines puissent participer
aux activités des organes – clés de l’Union.
Je voudrais souligner, à ce stade, que l’ampleur et
la complexité des défis qui se posent aujourd’hui
en Afrique, nous obligent non seulement à renforcer
l’unité et la solidarité au niveau continental,
mais aussi à créer des structures et des mécanismes
efficaces, solides et dynamiques. La défense des intérêts
collectifs de l’Afrique exige que les mécanismes et
les structures mis en place dans le cadre de l’Union
africaine soient à la hauteur des tâches à
accomplir.
Le Sommet de Lusaka m’a investi de la lourde et
noble mission de transformer, en une année,
l’Organisation de l’unité africaine en une Union
africaine. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le
dire à maintes reprises, cette mission n’incombe
pas à un seul homme mais est l’affaire de chaque
africain. A cet égard, j’ai estimé qu’il était
important de bénéficier de conseils et expertises
disponibles, en particulier sur le continent. C’est
pour cela que j’ai constitué un groupe d’éminentes
personnalités à l’expertise avérée et chargé de
me conseiller, notamment, sur la mise en place des
organes clés de l’Union africaine.
Si nous voulons faire de l’Union un instrument
efficace et efficient pour une action collective,
capable de répondre aux besoins des populations
africaines. Je suis convaincu que nous devons mettre
en place des arrangements institutionnels cohérents,
fonctionnels et complémentaires. C’est dans cet
esprit, que l’Acte constitutif de l’Union
africaine a conféré à chacun des organes des
pouvoirs et attributions bien précis. Ainsi, conformément
à l’Acte constitutif :
La Conférence est l’organe suprême de l’Union.
Le Conseil exécutif est l’organe capable de
traduire en directives opérationnelles les décisions
de la Conférence et de garantir leur mise en œuvre.
Il est l’organe statutaire chargé de la supervision
du travail de la Commission.
La Commission est le bras exécutif de l’Union. Ses
activités touchent à tous les domaines de la vie des
populations africaines. Pour cela il est important de
la doter de structures appropriées et d’un
personnel hautement qualifié. En effet, c’est le
calibre de la Commission qui va déterminer
l’efficacité de l’Union.
Le Comité des Représentants Permanents est
l’organe consultatif. Son role est de préparer les
travaux du Conseil, en particulier ses réunions et de
faciliter les consultations entre la Commission et les
gouvernements des Etats membres. Le Conseil peut
certes déléguer ses fonctions au COREP en ce qui
concerne le suivi et le contrôle de la mise en œuvre
des décisions de la Conférence. Cependant, pour éviter
les conflits de compétence et de gestion, il est
indiqué que de telles fonctions déléguées n’empiètent
pas sur les fonctions de la Commission qui est
l’organe exécutif chargé de la responsabilité
fondamentale de mettre en œuvre les décisions de la
Conférence. Il ne faut surtout pas créer
l’impression que le fonctionnement au jour le jour
de la Commission dépend d’un autre organe que la
Commission elle-même.
Il est tout aussi important que les règles et procédures
régissant le fonctionnement de nos nouvelles
institutions soient conformes à l’Acte constitutif.
Ces règles doivent donc être claires et précises et
en même temps flexibles, pour nous permettre de les
adapter aux changements sans cesse rapides et
complexes qui se produisent dans le monde. A cet égard,
il nous faut mettre en place des mécanismes qui nous
permettent d’adopter rapidement des décisions, tout
en tenant compte du fait que la Conférence de
l’Union, organe suprême de décision, ne se réunit
qu’une fois par an et que le quorum de la majorité
des deux tiers est requis pour l’adoption de toutes
les décisions de l’Union. Les projets de règlements
intérieurs et de statuts que nous devons examiner
peuvent encore être améliorés non seulement quant
à la forme, mais aussi quant au fond. J’en veux
pour preuve les propositions nouvelles qui ont été
faites par un certain nombre de nos Etats membres et
qui sont soumis à l’examen de cette session
extraordinaire.
Au moment où le Conseil finalise son examen des
projets de règlements intérieurs et de statuts des
organes – clés de l’Union, ainsi que du projet de
Protocole relatif au Conseil de paix et de sécurité,
la question cruciale qui continue de se poser est de
savoir dans quelle mesure ces instruments sont
conformes à l’esprit et à la lettre de l’Acte
constitutif et aux directives de nos dirigeants
concernant la réalisation du rêve entretenu depuis
si longtemps par nos populations, à savoir le
renforcement de notre unité. Au cours de l’examen
de ces projets de textes, tout doit être mis en œuvre
pour que les institutions de l’Union africaine
soient suffisamment fortes et dynamiques pour être en
mesure de faire face aux défis du nouveau siècle.
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Nous savons tous que ce n’est que le commencement
d’un voyage long et difficile. Nous buterons
certainement sur de nombreux écueils et obstacles.
Nous nous sommes cependant engagés à atteindre notre
destination, et nous devons donc rester déterminés
à relever tous les défis. En effet, les populations
africaines n’ont qu’un seul et unique choix, celui
de persévérer dans la voie de l’unité, de la
solidarité et de la coopération.
L’adoption de la Déclaration de Syrte, le 9
septembre 1999, a donné le coup d’envoi de la
promotion d’une plus grande intégration et d’une
plus grande unité sur le continent. La rapidité avec
laquelle l’Acte constitutif a été signé et ratifié,
l’enthousiasme et l’engouement manifestés lors
des différentes réunions organisées au cours de
l’année écoulée dans le cadre de la transition,
et mêmes les doléances des populations concernant
leur participation inadéquate, telles qu’exprimées
à travers les médias et par d’autres canaux,
constituent autant de témoignages d’une Afrique résolue
et prête à se propulser dans une nouvelle orbite.
Le travail de la présente session extraordinaire du
Conseil doit donc consister à s’assurer que les
aspirations des peuples africains et leur désir de créer
un organe plus efficace, capable d’aider notre
continent à relever les défis du nouveau siècle, ne
demeurent pas vains. La présente session veillera à
ce que la vision de nos Pères fondateurs se concrétise
par le lancement effectif de l’Union africaine.
L’on n’insistera jamais assez sur le fait que le
changement qui s’opère actuellement n’est pas
seulement un changement d’appellation ou de
nomenclature institutionnelle. Il s’agit plutôt
d’une réorientation fondamentale et d’une
redynamisation du cadre de l’unité africaine qui
couvre un grand nombre d’éléments.
Depuis le Sommet de Lusaka tenu l’année dernière,
les Etats membres et le Secrétariat général ont
accompli un travail remarquable dans le cadre de la préparation
du lancement de l’Union africaine, en particulier la
mise en place de ses organes – clés. La décision
de convoquer la présente session extraordinaire
souligne, une fois de plus, toute l’importance que
le Conseil attache à la question. De manière plus spécifique,
elle jette les bases d’une fondation solide pour
l’Union africaine. Il va sans dire que c’est la
configuration de l’Union qui déterminera la capacité
de l’Afrique à tirer le meilleur parti de la
mondialisation, à relever les défis qui y sont
associés et à permettre à ses populations de réaliser
une paix et un développement durables. Nous devons
absolument réussir. Nous ne pouvons pas nous
permettre de manquer ce rendez-vous.
Je souhaite à la présente session extraordinaire du
Conseil, plein succès dans ses travaux.
Je vous remercie de votre aimable attention.
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